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Nice attentat islamique 84 morts

 
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yacoub


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MessagePosté le: Lun 18 Juil - 13:27 (2016)    Sujet du message: Nice attentat islamique 84 morts Répondre en citant

Attentat du 14 juillet: la double fracture niçoise

De notre envoyé spécial Romain Scotto, publié le 18/07/2016 à 13:07 , mis à jour à 13:25
Rassemblement sur la promenade des Anglais, autour des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet.

Rassemblement sur la promenade des Anglais, autour des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet.

Eric Gaillard
A Nice, les tensions sont vives entre des communautés et des quartiers qui se sentent méprisés et d'autres qui les rejettent. L'attentat de la promenade des Anglais a ravivé les plaies. Reportage dans une ville divisée.

Sur la route qui sépare la plage du jardin Albert 1er, ça hurle de tous les côtés. Au lendemain du carnage de la promenade des Anglais, c'est là qu'une foule de Niçois s'est réunie pour rendre hommage aux 84 victimes du camion fou. Certains se recueillent, déposent une gerbe, une bougie, un dessin. D'autres cèdent à la crise de nerfs: "Pourquoi l'a-t-on laissé passer? Pourquoi? Qu'est-ce qu'ils ont fait, les flics? Ils étaient où?" s'époumone une jeune femme. Très vite, cette "place de la mémoire" improvisée, cernée par les caméras, prend des allures d'Agora. Plusieurs personnes répondent à la question, lancée à la cantonade. Tentent d'engager le débat.
Un maximum de morts avec peu de moyens

Les mots "insécurité", "immigration", "vote blanc" sont lâchés dans le brouhaha. On fustige "Hollande et son coiffeur à 9000 euros". Il y a là des retraités au crâne lisse et des ados à piercings, des résidents du bord de mer descendus promener Simba, le labrador familial, et des touristes en claquettes, des visages noirs, bronzés ou plus blancs que les balcons de l'hôtel Méridien, situé juste en face. Un condensé du peuple niçois, secoué au plus profond de son identité depuis l'attentat revendiqué par Daech, le 15 juillet, lendemain du drame.

A LIRE AUSSI >> Comment Mohammed Lahouaiej Bouhlel a préparé son attentat

Evoquer le nom du kamikaze, Mohammed Lahouaiej Bouhlel, c'est comme asséner un coup de poignard. "C'est la honte, sérieux", sanglote Farah Khalifa, 20 ans. Cette Tunisienne "née au Bled", comme l'auteur de l'attentat, redoute que s'exacerbent un peu plus encore les tensions, vives à Nice, entre communautés.
Des fleurs sur la promenade des Anglais, en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet.

Des fleurs sur la promenade des Anglais, en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet.

afp.com/Valery HACHE

L'homme de 31 ans était inconnu des services de renseignement, mais l'amalgame classique entre terrorisme et islam pourrait bien ressurgir. Qu'il ait cédé à un coup de folie ou obéi à un scénario minutieusement préparé, Lahouaiej a utilisé le mode opératoire des islamistes, faisant sien le précepte de Daech: un maximum de morts, même avec peu de moyens.
Des fractures réelles

Marié et père de famille, il venait des quartiers Nord de la ville, pas connus pour être l'un des terreaux du djihadisme local. Ahmed Mekrelouf, qui intervient auprès du ministère de la Justice dans le cadre de "PLAT", le Programme de lutte antiterrorisme et de déradicalisation, cite le quartier de l'Ariane, d'où est originaire Omar Diaby. Ce propagandiste rompu à l'exercice de la vidéo est, depuis la Syrie où on l'a plusieurs fois donné pour mort, le guide de nombreux jeunes radicalisés du département.
A Nice, devant chez Mohammed Laouhaiej Bouhel, le tueur de la promede des Anglais.

A Nice, devant chez Mohammed Laouhaiej Bouhel, le tueur de la promede des Anglais.

afp.com/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

La rue de Turin, où vivait l'auteur du raid meurtrier du 14 juillet, est certes populaire, mais on ne peut l'assimiler à une cité comme l'Ariane. Y résident de petits fonctionnaires ou retraités qui ne peuvent se payer le centre-ville. La vie y est parfois difficile, mais cela n'en fait pas un foyer de l'islamisme. "C'est important de le dire, car il ne faudrait pas lui calquer des schémas de pensée qui ne collent pas à Nice", prévient d'emblée David Nakache.

A LIRE AUSSI >> A Nice, le défi du djihadisme

Le président de l'association "Tous citoyens" dénonce en revanche une certaine "hystérisation" du débat autour de la religion, depuis plusieurs années, dans sa ville. D'où la naissance de tensions réelles: "Sur la question de l'islam, la polémique est incessante. C'est très exacerbé", déplore cet opposant à la politique de Christian Estrosi et Eric Ciotti.

A Nice, parler de voile, de viande halal ou de prière, c'est à coup sûr déclencher une montée dans les tours. Car le passif est lourd. Il y a une dizaine d'années, éclatait "l'affaire" de la soupe populaire au porc. Récemment, c'est l'ouverture de la mosquée En Nour, qui a posé problème.


Estrosi n'en voulait pas, la taxant de salafiste, en dénonçant le financement, soi-disant saoudien. Il a finalement dû se plier à une décision du Conseil d'Etat, qui prône "la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une administration aurait porté (...) une atteinte grave".

Mais pour David Nakache, le mal est fait. Cet épisode a mis à mal le vivre ensemble des Niçois musulmans et non musulmans. Une carcasse de sanglier a été déposée en juin devant le lieu de culte. Quelques jours plus tard, une serveuse a été giflée parce qu'elle servait de l'alcool pendant le ramadan. "C'est une succession de petits événements qui créent un climat négatif. On ne parle que de ça dans les journaux", déplore-t-il, dénonçant au passage les discours populistes et la récupération politique.
Une fracture identitaire

Attablé rue Saint-François de Paule, tout près de la plage, Mohamed Houam est désemparé. Ce fils d'immigrés algériens de la première génération a connu le racisme primaire, les insultes. D'après lui, le mal est d'une autre nature aujourd'hui. "Il y a 40 ans, on souffrait du racisme pour entrer en boîte, sortir avec une fille, oui. Mais il y avait moins d'achoppements. Ce qui prédominait, c'était quand même le milieu. On était d'abord fils d'ouvriers, il n'était pas question de couleur de peau". Encore moins de religion. Désormais, à Nice, la fracture est identitaire.

Certains jeunes issus de l'immigration "ne savent pas qui ils sont. Ils n'ont pas de repères, se sentent laissés pour compte et parfois se réfugient dans la radicalisation", analyse cet attaché territorial, non musulman, qui se surprend parfois à dériver: "A force, on devient plus raciste que les racistes. Je suis effaré d'avoir certaines pensées. Comme la création d'un Guantánamo français", se désole ce quinquagénaire qui comprend même la présence de franges identitaires dans la ville. Ces "Nissarts" qui ont longtemps garni les travées du stade du Ray, où ils soutenaient le Gym, le club de foot du cru.

Désormais, leurs représentants tendent à se "ranger", policent leur discours et briguent des fauteuils politiques. D'où quelques accointances avec le FN local.

A LIRE AUSSI >> Qui sont les 84 victimes de l'attentat de Nice

A sa manière, Julien Blasco revendique lui aussi son identité niçoise. Cogérant du Red Kafé, un bar LGBT du centre-ville, ce trentenaire assure qu'il "aime encore plus sa ville" depuis l'attentat. Pour lui, cette tragédie risque pourtant d'accentuer la fracture entre les communautés, amorcée il y a déjà des années.

"Quand je me rends chez certains de mes fournisseurs, dans les quartiers de la Trinité, de l'Ariane ou des Moulins, je me sens en insécurité." Il stigmatise également l'effet tram, qui draine désormais en centre-ville une nouvelle population issue de ces quartiers. "Il y a énormément de clans de jeunes. La sécurité s'est détériorée", poursuit-il.

Il a été sensibilisé à la menace terroriste avant l'été. Plus exposé que les autres commerçants dans son bar gay, il a été invité à être particulièrement vigilant par la police municipale, qui lui a même fourni la ligne directe des postes de secours, sans passer par le standard des pompiers.
Le triptyque plages-boutiques-spectacles

Pour comprendre pourquoi Nice n'a pas relevé le défi du melting-pot, il faut se pencher sur l'histoire de son immigration. Yvan Gastaut, historien et maître de conférence à l'Université de Nice, parle d'une ville à double identité, dont l'une est née d'un "brassage par le haut, par les élites" - la Promenade des Anglais en a tiré son nom.
La Promenade des Anglais, où un camion a foncé dans la foule, le 14 juillet.

La Promenade des Anglais, où un camion a foncé dans la foule, le 14 juillet.

afp.com/Valery HACHE

Aujourd'hui, on retrouve cette identité dans le tourisme de luxe, qui donne à l'agglomération son aspect de ville de transit. Les ressortissants russes, américains ou des pays du Golfe sont irrésistiblement attirés par le triptyque plages-boutiques-spectacles de la Côte d'Azur. En partie à leur intention, Nice est devenue un laboratoire des politiques sécuritaires de la droite, dont les caméras, omniprésentes, sont le signe le plus ostentatoire.

"Il y a une autre population, ajoute l'enseignant, moins visible, issue de l'immigration maghrébine, italienne, ou yougoslave" et repoussée dans des quartiers issus de l'urbanisation des années 60 et 70. Ces quartiers, de l'Ariane ou de Saint-Roch, devaient décongestionner le Vieux-Nice, un ancien bidonville aux allures de coupe-gorge.
"Nice marquée dans sa chair, son identité"

On y a "ghettoïsé" les pauvres, constate Ahmed Mekrelouf. Selon lui, Nice a échoué là où Marseille a réussi: "Là-bas, un jeune des quartiers Nord est fier. A Nice, non." Les raisons? Un bassin d'emploi plus réduit qu'à Marseille, qui vit du Port, de la pétrochimie et de l'aéronautique. Les Niçois défavorisés, eux, n'ont pas les mêmes chances.

La fracture est aussi géographique. Relégués à 12 kilomètres du centre-ville, ils doivent franchir une autoroute et une ligne de chemin de fers pour y accéder. Comme s'en désole Ahmed Mekrelouf, le mot banlieue ("mis au ban") prend là tout son sens.

En attaquant la Promenade des Anglais, c'est à ces deux facettes de la population niçoise que s'est attaqué Mohammed Lahouaiej Bouhlel. Le feu d'artifice est un spectacle populaire, tiré sur une avenue plutôt huppée. Le 14 juillet, il y avait parmi les victimes plusieurs touristes, mais aussi de nombreux Niçois issus de l'immigration.

Yvan Gastaut parle déjà du "plus grand accroc dans l'histoire du brassage de la population de la ville. Ce jour va la marquer dans sa chair, dans son identité". Parce que la menace est venue de l'intérieur. A Nice, après le temps du deuil, l'introspection risque d'être très longue.
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MessagePosté le: Lun 18 Juil - 13:27 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 21 Juil - 10:39 (2016)    Sujet du message: Nice attentat islamique 84 morts Répondre en citant

Sécurité à Nice : Bernard Cazeneuve devra s'expliquer
Bernard Cazeneuve devra s'expliquer
Édito

A en croire le Premier ministre, Manuel Valls, et son ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, il n’y aurait pas eu de failles dans notre cuirasse antiterroriste, le 14 juillet. Pourtant, notre enquête sur les conditions de sécurité à Nice met en lumière un certain nombre de zones d’ombre. Cazeneuve devra expliquer pourquoi lui et son préfet ont travesti, a posteriori, la réalité du dispositif de protection des 30 000 spectateurs du feu d’artifice. Soyons clair : le problème n’est pas le dispositif, qu’il est bien aisé de critiquer une fois le drame arrivé. Ce qui nous interroge, ce sont les arrangements avec la réalité, l’absence de transparence et donc de responsabilité des services de l’État. Ne rien cacher des erreurs commises, pour ne plus les commettre à nouveau, est un devoir. Et une nécessité démocratique : mettre un couvercle sur ce qui s’est passé à Nice - pour ne pas dire cacher - n’est guère rassurant. Cela génère fantasmes, rumeurs et théories du complot.



Une des missions du premier flic de France est de protéger l’État de droit, que certains récupérateurs opportunistes de droite aimeraient mettre au rancart pour lutter contre la menace. Une de ses armes, c’est de faire en sorte que la démocratie s’interroge sur ses pratiques et les moyens mis en œuvre pour lutter contre ceux qui veulent la détruire, sur ses succès comme ses échecs. Le gouvernement a déjà rejeté d’un incompréhensible revers de la main les conclusions du très riche rapport de la commission d’enquête «relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015». Que Bernard Cazeneuve ait en tête de protéger ses troupes, éreintées, débordées, mises sous pression, c’est tout à son honneur. Que tout ne soit pas exposé au public, dans ce combat souterrain contre l’État islamique et ceux qui tuent en son nom, est logique. Mais qu’on ne fasse pas toute la lumière sur l’échec de Nice serait une erreur politique, éthique, et entamerait durablement la confiance dans ceux chargés de protéger le pays, à commencer par le sommet de l’État.

https://youtu.be/egRD5HkbDu0

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:09 (2016)    Sujet du message: Nice attentat islamique 84 morts

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